Deutsche und französische Europaabgeordnete fordern die sofortige Stilllegung des Pannenreaktors Fessenheim
In einem offenen Brief an den französischen Präsidenten Sarkozy haben sich deutsche und französische Europaparlamentarier der Fraktion der Grünen/EFA und der Sozialdemokraten für eine sofortige Stilllegung des AKW Fessenheim eingesetzt. In ihrem Schreiben vom 10. Mai betonten die Abgeordneten aus dem Elsass und aus Baden-Württemberg sowohl die besondere Gefährdung, die von Fessenheim ausgeht, als auch die Notwendigkeit eines energiepolitischen Neuanfangs.
Franziska Brantner kommentiert: "Der Schrottreaktor Fessenheim muss sofort stillgelegt werden. Dieses AKW hat seine vorgesehene Laufzeit schon um mehr als die Hälfte überschritten und seit Jahren häufen sich hier die Sicherheitsprobleme. Wir deutsche und französische Europaabgeordnete fordern Präsident Sarkozy daher auf, unverzüglich den Schutz der Menschen in der Region an erste Stelle zu setzen!"
Evelyne Gebhardt stellt fest: "Anstatt diesen Pannenreaktor weiter zu betreiben, sollte er in eine Pilotanlage zur Erforschung und Erprobung der für den Abbau von Atomkraftwerken notwendigen Technologien umgewandelt werden. Das sichert Jobs und Know-How in der Region."
Heide Rühle ergänzt: "Die Stilllegung von Fessenheim kann jedoch nur ein erster Schritt sein. Wir müssen uns in Europa deutlich mehr ins Zeug legen, um den Umbau unserer Energiesysteme hin zu erneuerbaren Energien zu beschleunigen."
Peter Simon unterstreicht: "Über die Stilllegung von Fessenheim hinaus brauchen wir gesamteuropäische Regelungen, die die Menschen vor solchen Pannenreaktoren schützen, denn atomare Gefahr kennt keine Grenzen. Nach den schrecklichen Ereignissen in Japan führt an einem Umdenken in Sachen Atomenergie kein Weg vorbei. In Baden-Württemberg haben wir mit der Abschaltung von Philippsburg und Neckarwestheim einen ersten Schritt gemacht. Der Schutz der Bürger muss vor dem Profit stehen."
Anmerkung:
In Fessenheim steht das älteste noch aktive Atomkraftwerk Frankreichs. Obwohl nur für eine Lebensdauer von 20 Jahren konzipiert ist es seit 34 Jahren in Betrieb und hat dabei viermal mehr sicherheitsrelevante Vorfälle aufzuweisen als jedes andere französische AKW. Neben der veralteten Technik seiner zwei Druckwasserreaktoren wurde das AKW in einem von Überschwemmungen und erhöhter Erdbebengefahr bedrohten Gebiet erbaut.
Lettre Ouverte à Monsieur le Président de la République Française pour la fermeture de Fessenheim
Monsieur le Président,
La centrale nucléaire de Fessenheim est la plus ancienne de France encore en activité. Initialement conçue pour ne durer que 20 ans, un de ses deux réacteurs rentrera cette année dans sa 34ème année de service. Sujette à 4 fois plus d'incidents que n'importe quelle autre centrale, sa vétusté et ses caractéristiques techniques obsolètes attestent de sa dangerosité.
Monsieur le Président, vous avez déclaré à Gravelines que Fukushima «n'est pas un accident nucléaire» en rappelant que la Japon a fait face à un « tsunami invraisemblable». Monsieur le Président, l'eau peut arriver en grande quantité jusqu'à la centrale de Fessenheim, car elle se situe en dessous du niveau du canal d'Alsace, avec des possibilités d'inondations en cas de rupture de digues ou par une crue non prévue. Cette centrale est également construite sur une faille sismique. Le cabinet suisse « Résonance », missionné par l'autorité de surveillance a d'ailleurs conclu à un risque de séisme sous évalué.
Dans un périmètre de 30 km autour de Fessenheim vivent 930 000 habitants. Poursuivre son exploitation, c'est prendre un risque direct et durable pour un bassin de population cinq fois supérieur à celui de Fukushima.
Au cours de ces dernières semaines, tant en France qu’en Suisse ou en Allemagne, pays directement menacés par le risque nucléaire lié à Fessenheim, de nombreuses municipalités et collectivités territoriales se sont officiellement prononcées pour la fermeture de cette centrale[1][1][1]. Le Land du Bade-Wurtemberg a par ailleurs déjà annoncé la fermeture définitive de la centrale voisine de Neckarwestheim. Les Etats allemand et suisse étudient de leur côté une sortie durable du nucléaire.
Monsieur le Président, nous, parlementaires européens français et allemands et particulièrement les élus sur les territoires de l'Alsace et du Bade-Wurtemberg, nous vous demandons de refuser la poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentaires de la centrale de Fessenheim et d’engager immédiatement sa fermeture. C'est un devoir que nous dicte le principe de précaution. Fermer Fessenheim est une mesure de bon sens pour la sécurité de tous et une réponse à la forte demande citoyenne de toutes les populations des rives du Rhin.
Les associations régionales alsaciennes, badoises et suisses œuvrent sur le terrain depuis de nombreuses années pour informer sur le risque nucléaire que présente cette centrale. Le succès des dernières mobilisations citoyennes (notamment plus de 6000 personnes le 11 avril 2011, entre 6000 et 9000 personnes le 25 avril dernier) et de la pétition « Arrêtez Fessenheim » [2][2][2] attestent de la nécessaire prise en compte de l'attente et des inquiétudes de chacun.
La fermeture de Fessenheim est l’occasion de transformer durablement ce site peu rentable (en arrêt 40% du temps) en zone pilote de recherche-développement qui permettra de mettre en œuvre des savoir-faire et des technologies innovantes, générateurs d'emplois et nécessaires au démantèlement des centrales nucléaires.
C'est un premier pas vers un débat européen à la hauteur des enjeux pour l'avenir des générations futures. En construisant l'Europe, nos pères ont su anticiper les évolutions et les enjeux d'aujourd'hui. Notre capacité à nous projeter dans l’avenir et à innover sera de mettre en œuvre une transition énergétique vers les énergies renouvelables, de développer un nouveau savoir-faire industriel sur lequel se fondera un nouveau dynamisme pour l’ensemble du secteur énergétique français, allemand et européen.
Monsieur le Président, la rencontre de la France et de l'Allemagne ont été des moments essentiels de la construction européenne. Aujourd'hui, il faut ensemble rompre le confort des habitudes. Notre histoire nous oblige à ces actes responsables et courageux.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l'assurance de notre plus haute considération.
Signataires :
- Sandrine Bélier, Groupe des Verts européens, élue d'Alsace
- Franziska Brantner, Groupe des Verts européens, élue du Bade-Wurtemberg
- Evelyne Gebhardt; Groupe des Sociaux démocrates, élue du Bade-Wurtemberg
- Rebecca Harms, Co-présidente du Groupe des Verts européens
- Heide Rühle, Groupe des Verts européens, élue du Bade-Wurtemberg
- Peter Simon, Groupe des Sociaux démocrates, élu du Bade-Wurtemberg
- Catherine Trautmann, Groupe des Sociaux démocrates, élue d'Alsace